Sommet de Riyad: les pays arabes se réunissent afin de contrer le plan de Trump pour Gaza
Imprimer
Affichages : 311

Note utilisateur: 0 / 5

Etoiles inactivesEtoiles inactivesEtoiles inactivesEtoiles inactivesEtoiles inactives
 

L'Arabie saoudite accueille ce vendredi 21 février une réunion de pays arabes pour discuter d'un plan alternatif à celui de Donald Trump à Gaza. Neuf dirigeants ont rendez-vous après le tollé international provoqué par le président américain qui propose de déplacer les Palestiniens en Jordanie et en Égypte et de faire de la bande de Gaza une « Riviera du Moyen-Orient ».

Le sommet des pays arabes de Riyad doit rassembler les dirigeants des pays du Conseil de coopération du Golfe – l'Arabie saoudite, les Émirats arabes unis, le Qatar, le Koweït, Oman et Bahreïn –, ainsi que le roi de Jordanie, le président égyptien et l'Irak. Tous sont d'accord pour travailler à la reconstruction de Gaza sans déplacement de ses habitants. L'idée de Donald Trump d'envoyer les Palestiniens en Égypte et en Jordanie a suscité une levée de boucliers. Tout déplacement de population est contraire au droit international.

« Il n'est pas question de faire évacuer ou de procéder à un transfert des Palestiniens pour débuter la reconstruction de Gaza. Oui à la reconstruction, mais avec les Palestiniens, et non pas sans, comme le dit le plan de Trump », avance Hasni Abidi, directeur du Centre d'études et de recherches sur le monde arabe et méditerranéen à Genève, au micro de Heike Schmidt, du service international de RFI.

Un des défis sera de financer la reconstruction du territoire, dont le coût est estimé à 53 milliards de dollars par l'ONU après quinze mois de bombardements de l'armée israélienne, en réponse à l'attaque du Hamas le 7 octobre 2023. L'Égypte, en raison de sa proximité géographique notamment, devrait être à l'avant-garde sur ce sujet. Mohammed Hegazy, membre du Conseil égyptien des affaires étrangères, un think tank influent au Caire, compte proposer, selon l'AFP, un plan en trois étapes étalées sur trois à cinq ans :

« Pendant la première phase, de six mois, (...) des équipements lourds déblayeront les décombres et trois zones sécurisées pour reloger les déplacés seront aménagées », explique l'ex-diplomate, qui ajoute que « des logements mobiles seront fournis ». La seconde phase nécessitera « une conférence internationale sur la reconstruction » du territoire palestinien, principalement ses infrastructures (eau, électricité et télécommunications). Et la troisième visera à « relancer un processus politique en vue d'une solution à deux États », pour régler le conflit israélo-palestinien vieux de plusieurs décennies. Une option rejetée par Israël.

Faire bloc pour peser sur Trump

Le sommet sera aussi l'occasion d'aborder la question complexe de la gouvernance de Gaza. Les pays arabes sont divisés sur celle-ci. « Certains États sont pour que le Hamas disparaisse complètement sur le plan politique, d'autres demandent un désarmement du Hamas, et certains disent que le Hamas a un rôle à jouer aussi dans ''le jour d'après" », reprend Hasni Abidi. Benyamin Netanyahu, le Premier ministre d'Israël, a fait savoir qu'il ne veut ni du Hamas, ni de l'Autorité palestinienne pour contrôler la bande de Gaza.

Selon le spécialiste, il y a des « divergences » parmi les neuf puissances qui se réunissent à Riyad. Mais toutes savent qu'elles ont tout intérêt à s'entendre : « Aucun pays arabe seul n'est en mesure de faire une contre-proposition au plan de Donald Trump à Gaza. Évidemment, les Jordaniens et surtout les Égyptiens ont demandé de l'aide et sont arrivés à une conclusion selon laquelle seul un plan soutenu par tous les États arabes est en mesure de trouver un intérêt auprès du président Donald Trump. »

Toutes ces questions seront certainement abordées lors de cette réunion, mais aussi lors d'un sommet extraordinaire de la Ligue arabe, prévu le 4 mars au Caire.

(Et avec AFP)