Doctorat Honoris Causa : prestige en France, précarité en Guinée
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Lyon, France – Alpha Bacar Barry, ministre guinéen de l’Enseignement Supérieur, a reçu un Doctorat Honoris Causa en reconnaissance de ses efforts pour moderniser le système éducatif guinéen. Une distinction qui suscite autant de fierté que d’interrogations. Tandis que les honneurs pleuvent à l’international, la réalité sur le terrain reste préoccupante : infrastructures insuffisantes, formations inadaptées et manque de financements. Cette reconnaissance symbolise-t-elle une véritable avancée ou masque-t-elle les défis persistants du secteur éducatif guinéen ?

Dans son discours de remerciement, le ministre rend hommage au président Mamadi Doumbouya, soulignant son soutien à la transformation du secteur éducatif en Guinée. « Cette distinction est avant tout celle d’une vision collective », déclare-t-il sous les applaudissements. Une vision, certes, mais dont l’impact reste à mesurer sur le terrain.

Un contraste frappant entre distinctions et réalité

Dans les coulisses de cette reconnaissance internationale, la situation en Guinée demeure préoccupante. Les universités manquent d’infrastructures adaptées, les formations peinent à répondre aux exigences du marché de l’emploi, et le financement du secteur éducatif reste insuffisant. « On veut bien se réjouir de cette distinction, mais sur le terrain, nos conditions d’apprentissage sont toujours aussi précaires », confie un étudiant de l’Université Gamal Abdel Nasser de Conakry.

Cette reconnaissance internationale pose ainsi une question essentielle : peut-on célébrer la réforme éducative guinéenne alors que les acteurs de l’enseignement peinent encore à voir des améliorations concrètes ?

Des honneurs qui appellent à l’action

Plutôt qu’un simple couronnement personnel, ce titre honorifique devrait être un signal pour accélérer les réformes. Car si la Guinée veut véritablement s’aligner sur les standards internationaux, il lui faudra aller au-delà des distinctions et s’attaquer aux problèmes structurels de son système éducatif.

Comme le rappelle un enseignant de l’Université de Sonfonia : « Les honneurs sont bien, mais ce que nous attendons, ce sont des salles de classe équipées, des enseignants formés et un programme qui prépare réellement nos étudiants à l’emploi. »

Un Doctorat Honoris Causa ne saurait être une fin en soi. Il doit être le point de départ d’un engagement renforcé pour que l’éducation en Guinée ne brille pas seulement à l’étranger, mais soit une véritable fierté nationale.

Saliou Keita